pomes
    

Rainer-Maria Rilke
sa vie, son oeuvre

Un pome au hasard


 
Pomes la nuit
(Un extrait du recueil)

Un tel souffle, ne lai-je pas puis au flux des minuits,
pour lamour de toi, afin que tu vinsses un jour ?
Parce que jesprais apaiser ton visage
par des splendeurs  la force presque intacte,
une fois que dans linfini de ce que jen suppose il reposerait en face du mien.
Sans bruit, de lespace advenait  mes traits ;
afin de suffire au grand regard lev en toi,
mon sang miroitait et sapprofondissait.

Quand  travers la ple division de lolivier
la nuit rgnait avec plus de force, de toutes ses toiles,
je me dressais, je me tenais debout et me
renversais en arrire, et recevais la leon
dont jamais ensuite je nai compris quelle venait de toi.

 quelle forte parole fut seme en moi
pour que si jamais ton sourire advient,
par mon regard je transfre sur toi lespace du monde.
Mais tu ne viens pas, ou tu viens trop tard.
Jetez-vous, anges, sur ce champ de lin bleu.
Anges, anges, fauchez.

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