pomes
    

Catherine des Roches
sa vie, son oeuvre

Un pome au hasard


 
Antithse du somme et de la mort
Rien n'est plus diffrent que le somme et la mort,
Combien qu'ils soient issus de mme parentage ;
L'un profite beaucoup, l'autre fait grand dommage,
De l'un on veut l'effet, de l'autre on craint l'effort.

Une morte froideur qui descend du cerveau
Nous cause le sommeil, une fivre brlante,
Qui teint les esprits par son ardeur nuisante,
Nous cause le trpas et nous met au tombeau.

Le somme va semant de roses et de lis
Les beaux traits dlicats d'une plaisante face,
Et l'effroyable mort, dans l'horrible crevasse.
D'un spulcre odieux les tient ensevelis.

Le soleil respirant mille petits zphyrs
Caresse doucement le dormant en sa couche,
Et la mort ternissant une vermeille bouche,
touffe pour jamais ses gracieux soupirs.

Aprs un long sommeil l'homme se sent dispos,
Pour aller au Palais,  la cour,  la guerre ;
La mort ronge au suaire, en la bire, en la terre,
Et, meurtrire, corrompt les nerfs, la chair, les os !

Le soleil et sommeil ont presque mmes noms,
Mmes effets; aussi l'un vous donne la vie,
L'autre empche que tt elle ne soit ravie,
La couvrant, curieux, dessous ses ailerons.

 gracieux sommeil, riche prsent des Dieux !
Tu ne pouvais loger en une part plus digne
Que celle que tu tiens, puisque l'me divine
A sa demeure au chef et sa fentre aux yeux.

Ne m'abandonne point,  bienheureux sommeil,
Mais viens toutes les nuits abaisser la paupire,
De ma mre et de moi ; fais que la nuit dernire
Ne puisse de longtemps nous fermer le soleil!

Ainsi soit pour jamais le silence sacr
Fidle avant-coureur de ta douce prsence;
Ainsi l'ombreuse nuit rvre ta puissance,
Ainsi les beaux pavots





Bouche dont la douceur m'enchante doucement
Par la douce faveur d'un honnte sourire,
Bouche qui soupirant un amoureux martyre
Apaisez la douleur de mon cruel tourment !
Bouche, de tous mes maux le seul allgement,
Bouche qui respirez un gracieux zphyr(e) :
Qui les plus loquents surpassez  bien dire
A l'heure qu'il vous plat de parler doctement ;
Bouche pleine de lys, de perles et de roses,
Bouche qui retenez toutes grces encloses,
Bouche qui recelez tant de petits amours,
Par vos perfections,  bouche sans pareille,
Je me perds de douceur, de crainte et de merveille
Dans vos ris, vos soupirs et vos sages discours.




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